Enfin, un autre élément moteur de la pensée de Machiavel, pour garantir la puissance du prince et son efficacité, est le concept de retour au commencement. Si le politique est menacé par ses opposants, il ne doit pas s’empêcher de les emprisonner. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d’apparaître. Mais revenir à l’essentiel de la pensée de Machiavelen tentant une synthèse, une analyse rapide de ce texte essentiel de la philosophie politique qui inspirera tous les grands hommes d’Etat, de Mitterrand à De Gaulle en passant par Churchill et Napoléon. En étant respecté il ne génère pas ses propres ennemis. Machiavel prend Rome comme exemple : … Son genre littéraire est le genre du miroir des princes, très courant à l’époque avec comme fil conducteur l’éducation des princes et les atouts du prince idéal. A la différence, pour Machiavel, l’action politique ne peut être jugé que sur sa réalité et non sur ses potentialités ou les intentions qui la fondent. Ce qui fait qu’un régime politique se dégrade, c’est l’oubli de son commencement. Brand new Book. Nicolas Machiavel, Le Prince. Le lieu de la politique chez Machiavel, c’est donc l’apparence. Une bonne constitution est celle qui préserve la puissance de l’Etat : contrairement à Platon, la finalité de l’Etat n’est pas le Bien mais la puissance. La fin justifie les moyens, on ne fait pas de bonne politique avec de bons sentiments. ». Machiavel dans la traduction latine. Ses idées politiques ont mis en place les fondements de la politique moderne. Cette fondation n’est donc pas rationnelle. Machiavel dans son bureau, par Stefano Ussi (1894), galerie nationale d'art moderne et contemporain, Rome. Le principe fondateur de la philosophie est sans doute ainsi l’étonnement, qui provoque et suscite le questionnement. Le chef de l’état doit également mettre sous contrôle ses opposants. PRINCE DE MACHIAVEL . Autrement dit, le chef de l’état doit maîtriser et faire foin de toute idéalisme qui le contraindrait à moraliser sa politique. Est- ce une intention de notre président actuel ? Merci Martin pour ton commentaire.Un mot sur ta réponse : ce billet aurait pu s’intituler “Actualité de Machivael”.La pensée de Machiavel est fondée sur une conception du pouvoir reposant sur la légitimité. Hobbes fonde cette légitimité du pouvoir de l’Etat sur le contrat dans Le Léviathan : les individus contractent les uns avec les autres pour adhérer à un pouvoir de manière rationnelle et libre. Machiavel (1469-1527) est un auteur humaniste italien. La finalité de l’Etat est selon lui le maintien de sa puissance. Le pouvoir du prince ne repose, comme nous l’avons vu, que sur son image, et l’image que doit avoir le prince est précisément celle d’un libérateur. Ce point est important, car il guide les … Son réalisme se base sur la puissance comme fin du politique, sur les concepts d’efficacité et de technique. La-Philosophie.com aide les élèves de terminales dans la préparation du bac, les élèves de classes prépa dans celle de leur concours, ceux de fac dans leurs recherches, et enfin tous les curieux de sciences humaines à étancher leur soif de savoir. C’est loin du cynisme auquel Machiavel est souvent réduit …, UNE AUTRE IMAGE SVPLe seul modèle qui précédait Machiavel était le Pape et César.Ne pourrait-on nous citer d’autres théoriciens politiques plus modernes qui prennent en compte l’évolution de la Renaissance et de la Réforme et seraient donc plus proches de l’Europe atuelle ? D’emblée, Machiavel réfute toute conception morale du pouvoir : le chef de l’état ne doit pas obéir à une morale fixe, mais s’adapter aux circonstances, ce qu’il appelle la fortune (”fortuna”, en latin, signifie la chance, le destin). Ainsi, l’Etat, pour conserver son pouvoir, doit toujours être dans un processus de devenir. En vérité, la seule légitimité du pouvoir d’un souverain est son image, et le prince est donc pris au piège dans la fonction qu’il occupe : il ne peut maintenir sa puissance qu’à condition de se soumettre aux projections et aux désirs de son peuple. 1/ Machiavel et le machiavélisme. Toutefois, cet état de fait est un petit peu plus complexe... La tentative de Machiavel de sortir la politique du religieux, de surmonter le christianisme, l’amène à construire une politique immorale et anti-chrétienne (qui dépend donc paradoxalement toujours du christianisme). Il est connu, selon les mots de Léo Strauss, pour avoir « défétichisé l’autorité », c’est-à-dire, montré ce que le pouvoir du gouvernant devait avoir d’immoral pour perdurer. Dès lors, à travers tous ces aspects et nuances, la pensée de Machiavel est-elle en mesure d’éclairer les faits politiques contemporains ? Il est dit que, dans cette œuvre, quelque chose d’autre qu’un simple sens se trame. Oeuvres politiques de Machiavel, traduction Périès, édition contenant le Prince et les Décades de Tite-Live, avec une étude, des notices et notes, par M. Ch. Le prince machiavélien est l'incarnation parfaite de l'homme doué de raison et d'intuition ce qui est la seule façon de bien mener un état et de réussir en politique. Ce qui fait qu’un régime politique se dégrade, c’est l’oubli de son commencement. Machiavel est un philosophe politique florentin. Le princedoit conserver le pouvoir autant qu’il peut ; il peut ainsi user dela force, de la ruse, de la violence ou dissimuler pour y parvenir,le but étant d’être effi… Et même, j’oserai dire ceci : que si on les a et on les observe toujours, elles sont dommageables; et que si on paraît les avoir, elles sont utiles ; comme de … Avant tout, le chef de l’état est un personnage public, il est sans cesse “en vue“(d’autant plus dans nos démocraties médiatiques, ou “médiacratie”). En dissociant la morale du pouvoir, il ne dit pourtant pas que le chef de l’état doive être immoral, mais qu’il peut s’affranchir de la morale si c’est nécessaire. La pensée de Machiavel fait donc valoir à la fois un idéal républicain mais aussi, en quelque sorte, un idéal démocratique. Quelles qualités font un bon politique ? débat peu utile : Machiavel est dépassé depuis Rousseau, Montesquieu, les premiers à avoir penser les vraies démocraties modernes. Leur relation est fondée par la gloire du souverain. La modération des commentaires est activée. De ce fait, le prince est absolument soumis à son image là où le souverain du Léviathan n’est engagé à rien. Cette lecture exigeante, puisqu'elle accompagne pas à pas la pensée de Machiavel dans Le Prince et les Discours du début à la fin de chaque ouvrage, ne dissimule pas la présence de celui qui la fait, et elle entretient une constante interrogation. Machiavel prend Rome comme exemple : Rome s’est perdu, il faudrait que Rome fasse un retour en arrière, vers le Rome païen et non chrétien. Le souverain ne fait pas partie du contrat : ce dernier est passé entre les individus en faveur du souverain. Au début de l’ouvrage, on peut lire : « Tous les Etats, toutes les seigneuries qui eurent et ont commandement sur les hommes furent et sont républiques ou principautés. Lisez le TOP 10 des citations de Machiavel pour mieux comprendre sa vie, ses actes et sa philosophie. L’auteur ne se cache plus derrière un langage religieux mais décrit de manière concrète les moyens devant être utilisés par les souverains pour conserver leur pouvoir. C’est son éclat, son image qui pourra ou non susciter l’admiration du peuple et donc sa légitimité. Le paradoxe porte donc sur l’immoralité immanente de l’ouvrage du Prince et en même temps sur sa réalité par rapport à aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire d’avoir en fait toutes les susdites qualités, mais il est bien nécessaire de paraître les avoir. Machiavel fut assimilé au démon, à la ruse, à la force, réduisant ses pensées à de l’immoralisme pur. L'ouvrage, écrit en 1513, a été publié à titre posthume en 1532. L’idée était d’enfermer l’auteur dans son époque et dans son cynisme. On voit à quel point ceci est moderne. Il semblerait donc que face à cette conception de la politique comme simple technique, seule la réalité (et plus l’au-delà) ne compte, et que l’approche du théoricien serait alors tout à fait réaliste. La nature du politique en découle et, sans doute, ne peut être comprise qu'à partir de ces mots. Ainsi, le trait dominant du “bon” chef de l’état, c’est la “VIRTU”, c’est-à-dire le contrôle, la maîtrise : de soi (l’image), de l’avenir (le destin), de ses opposants (la vie politique). Les colonnes du site sont ouvertes aux contributions externes. La négociation dans la pensée de Machiavel : seconde, mais non secondaire. L’image d’Emmanuel Macron traversant le Louvre lors de sa cérémonie d’investiture l’illustre bien. En effet, Machiavel peut être considéré comme fondateur de la signification moderne de l’Etat. Depuis 2008, la-philosophie.com agit pour la diffusion de la tradition et des grandes pensées philosophiques. Dès le XVIème siècle, l’expression « machiavélisme » est apparue. Le prince n’est véritablement autonome que s’il ne dépend de rien, or tout ce qui a été déjà fait sont autant de dépendances. La conservation du pouvoir suppose sa capacité à se déconstruire en permanence, à retrouver son élan fondateur. Un petit citoyen de base qui cherche le sens de tout ça !Martin. Mais cependant il ne faut pas perdre de vue que même celui qui a des prédispositions pour la politique ne peut pas échapper à l'éducation du visionnaire qui lui expliquera comment tout le système fonctionne ; c'est là la tâche de l'instructeur … Etat : New. » Ici, tout est dit. Les Discours sur la première Décade de Tite-Live, prusse, france, napoleon, 1806, murat, iena, auerstedt, lannes, marechal, davout, armistice, confederation du rhin, etre moral, kant, morale, imperatif, problematique, assertorique, categorique, technique, pragmatique, pratique, manuel ROy. L’Italie est doublement menacée par les forces militaires d’États voisins, notamment la France et l’Espagne et de l’intérieur par les rivalités des principaux prince s italiens. Ses matériaux sont ce texte canonique et une enquête ethnographique auprès de consultants intervenant dans le secteur public français, notamment ses hôpitaux. De la monarchie comme le chef d’État africain. L’Etat devient central, une figure politique qui tient, qui est stable, qui a du pouvoir. Qu’est-ce qu’une élection présidentielle ? Le chef qui sait punir sans être injuste devient respecté. Cette expression, qu’on peut traduire par « le métier du gouvernement », sert à Machiavel pour revendiquer sa compétence de praticien de la chose publique et de son intendance : « …Durant les quinze années que j’ai vouées au métier du gouvernement (che io sono stato a studio all’arte dello stato), je n’ai ni dormi ni passé mon temps à jouer » (lettre de Machiavel à Francesco Vettori, 10 décembre 1513, … quelles sont les propos de MACHIAVEL sur la politique? Quel Cohn Bendit vulgarisateur pourrait-il nous écrire un livre passionnant sur le sujet ? Or, selon Machiavel, cela va de soi, le chef de l’état n’a qu’un seul but : la conservation du pouvoir. Machiavel a occupé un poste important dans la directi… Cet ouvrage sera offert à Laurent de Médicis ainsi que les services de Machiavel : ce dernier attend en retour des faveurs du prince. Nous ne prétendons pas révolutionner cet exercice de commentaire. Le site couvre ainsi les grandes traditions philosophiques, des présocratiques aux philosophes contemporains, tout en essayant d’apporter une lecture philosophique au champ culturel en général, qu’il s’agisse de cinéma, de littérature, de politique ou de musique. La politique en est presque réduite à un problème technique. au regard deconfits qui se vit en afrique peut on dire que ces chefs d’etat ont mal appliqu”s la politique mis sur pied par machiavel dans son prince? 18 Quizz de Philosophie gratuits : Testez-vous ! Mais à mesure que cet acte s’éloigne, si le chef d’un Etat ne fait pas retour à son commencement, son image s’amoindrit. Parce qu’il est en permanence sous le regard des autres, le politique de Machiavel doit dissimiler ses défauts et feindre des qualités qu’il ne détient pas. Machiavel définit le champ politique comme le lieu d’affrontement du destin (fortuna) et de la volonté (virtu). C’est ce qu’aujourd’hui on appellerait le pragmatisme, ou le primat de la fin sur les moyens. Kant s’opposera à cette conception du pouvoir, en plaçant les intentions au-dessus des résultats. Toutefois, ce qui diffère dans la version machiavélienne est que Machiavel ne donne aucune justification théologique à son oeuvre : les hommes apprennent en s’imitant mutuellement et non en imitant Dieu, la justification de Machiavel est d’ores et déjà anthropologique. La formation d’un mythe de Machiavel en Pologne est étroitement liée à une longue lutte de la noblesse petite et moyenne pour l’instauration de la République nobiliaire. * Nous avons publié plus de 700 articles, tous cherchant directement ou indirectement à répondre à cette question. La conservation du pouvoir est un autre sujet phare du Prince de Machiavel. Même si les hommes sont mauvais selon Machiavel, ils ne le sont pas assez pour tolérer le mal : le prince doit toujours faire attention à son image. Julien Josset, fondateur du site. Il considère que l’usage de vertus morales ne conduirait leprince qu’à sa ruine ; la morale est hors du champ de lapolitique. Propulsé par WordPress - La-Philosophie.com - 2008-2020. La question du rapport entre pouvoir, Etat, politique et morale est au cœur de la pensée de Machiavel: qu’est-ce qu’un bon chef d’état ? Machiavel prône à leur égard une politique de fermeté. Dans son célèbre texte Le Prince, le florentin, qui a passé sa vie au plus près du pouvoir auprès de César Borgia à qui s’adresse Le Prince, tente un portrait-robot du gouvernant. Attention à la coquille, Machiavel a adressé Le Prince à Laurent II de Médicis et non à César Borgia…, Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. La politique et la guerre y sont en permanence mêlées, souvent indissociables ; cela dans les relations que les États établissent entre eux, mais aussi à l’intérieur même des États, des provinces et des cités. Cependant, là où Emmanuel Macron se trouve dans la lignée de Machiavel est dans son appétence pour la fondation (ici à travers les réformes des retraites et pour le retrait des régimes spéciaux), selon le théoricien, ce qui est le propre des princes est la capacité d’instaurer de la nouveauté : un prince n’est pas prince s’il ne commence pas. La dissidence doit être endiguée car elle est la racine de la révolte. Le chef d’Etat doit incarner cette volonté de dépassement de la nécessité, le dépassement des contraintes naturelles ou conjoncturelles. C’est pour cette raison qu’il doit maîtriser son image : il doit donc paraître posséder des qualités qu’il ne détient pas forcément. Considéré comme l'un des fondateurs de la pensée politique moderne. De même, il faut être maitre du conflit : savoir le commencer pour mieux être maitre de son terme. Dès maintenant, il est possible de comparer cette réflexion de l’auteur par rapport à aujourd’hui : lorsqu’un président est élu, celui-ci est glorieux, fier et acclamé. Les idées de Machiavel influencent encore les politiciens et les analystes politiques d'aujourd'hui. Dans les textes de Machiavel, la question de la guerre est souvent l’horizon même de la question de la politique. La morale de Machiavel n’est donc pas un formalisme éthique (comme chez kant par exemple), mais plutôt une invention permanente de celui qui la pratique : la morale machiavélienne est immanente, et non transcendante. Il s’agit donc de comparer les princes du monde au prince idéal. Ainsi, le devoir du Prince ne réside pas dans le respect de valeurs chrétiennes. Machiavel et la maîtrise de la vie politique : Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Etymologiquement, philosophie signifie amour de la sagesse. N’existe-t-il pas d’autres alternatives dans l’image du pouvoir ? Aujourd’hui, ce sont les conseillers en communication (“spin doctors”) qui gèrent l’image des hommes politiques via des méthodes telles que l’analyse des sondages ou le media training, en tentant de les faire apparaître sous leur meilleur jour. Le Prince est une de ses œuvres que l’on ne peut pas lire sans tenir compte de la rumeur qui l’accompagne, la rumeur de l’histoire qui consacre la légende sulfureuse de ce texte. Cette conception d’Etat comme puissance internationale et pragmatique peut tout à fait être comparée à nos Etats actuels : tout est aujourd’hui ponctué de calculs, d’images, de manipulations médiatiques, choses que Machiavel, avant l’arrivée d’Internet, avait déjà pensé. Le prince intelligent est capable de réveiller le conflit social pour se présenter comme libérateur. Chez Machiavel, la politique n’a donc pas pour objectif la cité bonne mais la puissance, ou encore l’efficacité. « Le Prince qui a donné de lui cette idée est très considéré, et il est difficile que l’on conspire contre celui qui jouit d’une telle considération » Nicolas Machiavel, Le Prince, XIX .